Bilan 2020 du monde de la photo

Salut à tous, aujourd’hui on va faire un gros bilan de l’année 2020 dans le monde de la photo et voir un peu ce qui se profile pour 2021. Au programme : la fin d’Olympus, et avec elle du micro 4/3 ? 2020, l’année du grand retour en force de Canon. Nikon en difficulté ? Fuji dans une impasse ? Panasonic va-t-il s’en sortir ? On va faire le point constructeur par constructeur et parler un peu des tendances générales.

D’ailleurs on va commencer par ça, les tendances générales ! Avant d’attaquer les analyses constructeur par constructeur, il faut quand même faire un point général sur le marché de la photo en 2020. Il y a deux choses à bien avoir en tête pour mieux comprendre les news qui suivent : 1) la tendance de fond, et 2) l’effet covid. Sur la tendance de fond : le marché de la photo numérique a vraiment décollé à la fin des années 90 pour croître rapidement jusqu’en 2010 environ avant de connaître ensuite un déclin permanent et assez rapide. Donc chaque année, il se vend beaucoup moins d’appareils photo dédiés à la photo que l’année précédente. Moins en volume et moins en chiffre d’affaires. Je dis appareil dédiés à la photo parce que si on compte les smartphones, qui sont aussi des appareils photos, les chiffres n’ont plus rien à voir évidemment. La réalité, la grosse tendance de fond, c’est que le marché des appareils photos grand public est tout simplement en train de disparaître. A part les passionnés de photos, les gens n’achètent quasiment plus d’appareil photos pour faire de la photo de tous les jours ou de leurs vacances. Pour ça ils ont leur smartphone, qui leur suffit largement, qui permet aussi de faire des petites vidéos et qui est beaucoup plus simple à utiliser et pour des photos souvenirs, il faut bien le reconnaître, ça suffit souvent tout à fait. Il ne reste donc en gros que le marché des passionnés de photos et le marché des pro, et ça ne fait pas tant de monde que ça. En tout cas, le gâteau devient trop petit pour autant de constructeurs et on sait depuis quelques années qu’il va y avoir des morts. La vraie question étant de savoir combien et dans quel ordre ? On a déjà eu un début de réponse avec Olympus en début d’année, et nul doute que d’autres vont suivre. On parle d’Olympus juste après. 

Ça c’était pour la tendance générale depuis quelques années. Et à cet état du marché assez sombre, vient s’ajouter en plus, en 2020, ça ne vous aura pas échappé, une pandémie mondiale qui touche durement tous les marchés de la photo, amateurs comme pro. Dans les deux cas, amateur ou pro, l’année 2020 a été marquée par beaucoup moins de voyages, moins de fêtes, moins d’événements sportifs ou culturels, moins de mariages, moins de sorties, etc. bref, moins d’occasions ou de besoins de faire des photos, pour les particuliers comme pour les pros, donc moins de raisons d’acheter du matériel photo. On a pas encore les chiffres définitifs de 2020, mais les annonces partielles des différents constructeurs ne laissent aucun doute : 2020 sera financièrement une très mauvaise année pour la plupart des constructeurs d’appareils photo. Alors qu’on était jusqu’à présent sur une tendance à environ -25% par an, 2020 devrait se situer autour de -50% par rapport à 2019, soit un marché purement divisé par deux en juste un an.

Allez, on passe au fait marquants pour chaque constructeur, avec heureusement quelques bonnes nouvelles dans le lot.

La fin d’Olympus

On commence quand même par ce qui est sans doute l’évènement le plus marquant de l’année 2020, c’est la fin de la division photo d’Olympus telle qu’on la connaît. Après des années à être déficitaire, la division photo d’Olympus a été cédée en 2020 à Japan Industrial Partners (JIP), un fond spécialisé dans le rachat d’entreprise en difficulté. Cela met fin à 84 années de photo chez Olympus. Alors comment on peut expliquer ça ? Déjà Olympus était un des plus petits acteurs du secteur avec une part de marché estimée à 3% et n’a jamais réussi à vraiment percer auprès des pros ni des vidéastes, qui sont les deux marchés qui se résistent le mieux aujourd’hui. Et comme il y a de moins en moins d’amateurs qui achète des appareils, en tout logique, là où les ventes ont le plus diminué c’est d’abord sur les compacts et ensuite sur les hybrides avec les plus petits capteurs, donc les micro 4/3. Après le passage de Panasonic sur plein format, Olympus se retrouvait donc seul à soutenir le micro 4/3, et visiblement ça n’était plus possible financièrement pour acteur aussi petit. On ne sait pas encore ce qu’Olympus racheté par JIP va devenir, mais il n’en restera probablement pas grand chose d’ici quelques années. On perd donc un acteur historique de la photo, un des piliers du format micro 4/3 et aussi au passage le fabricant de la gamme Tough, des compacts solides et étanches.

2) Est-ce que le micro 4/3 va disparaître ?

J’en avais déjà parlé dans une vidéo sur le sujet, qui vous avait pas mal fait réagir d’ailleurs, mais oui, quoi qu’on pense du système micro 4/3, son avenir semble assez sombre. Et je le redis encore une fois, le micro 4/3 c’est très bien, ça a aussi plein d’avantages, il y a plein de photographes et de vidéastes qui en sont parfaitement satisfaits. Mais les deux principaux piliers du format micro 4/3 sont Olympus et Panasonic. Olympus, on en a parlé juste avant et Panasonic on va en parler plus en détail juste après, mais on sent bien que Panasonic concentre ses efforts de recherche et développement sur le plein format. Côté vidéo, on voit aussi assez peu de perspectives pour le format 4/3. Alors que par exemple la Pocket Cinema 4K de BlackMagic sortie en 2018 était en monture micro 4/3, la version 6K sortie en 2019 est passée sur une monture EF. Est-ce que pour autant tout ce qui au format micro 4/3 va s’arrêter de fonctionner d’un coup et s’auto-détruire d’un coup ? Evidemment non, mais on peut s’attendre à un ralentissement progressif des sorties de boîtiers et d’objectifs, et donc à un format qui va devenir de moins en moins attractif pour les nouveaux photographes et vidéastes. Si vous êtes équipé en micro 4/3 et que ça vous convient, aucune raison de changer pour autant, mais pour quelqu’un qui aujourd’hui cherche à s’équiper depuis zéro, ça ne serait probablement pas ce que je recommanderai, surtout vu les prix du côté des appareils plein formats.

Panasonic

Parler du micro 4/3 nous amène en toute logique à parler de Panasonic. Panasonic est aujourd’hui présent sur le marché photo avec deux formats de boitier : le micro 4/3 et le plein format. Pour Panasonic, le micro 4/3 est dans une situation assez comparable à Olympus : la partie “photographes grand public” est en train de disparaître et le format n’a jamais réussi à vraiment convaincre beaucoup de photographes pro. Mais contrairement à Olympus, Panasonic avait eu la bonne idée de mettre l’accent sur les capacités vidéo de ses boîtiers et a rencontré un grand succès auprès des vidéastes indépendants. Il lui reste donc des bonnes positions sur ce marché. Officiellement Panasonic est toujours pleinement investi dans le micro 4/3 et devrait finir par sortir en 2021 le très attendu GH6, qui sera probablement un excellent boîtier, mais est-ce qu’il saura encore trouver sa place ? Difficile à dire. A la sortie du GH4 et du GH5, ces deux boitiers possédaient énormément de fonctionnalités au-dessus de la concurrence, en vidéo surtout. Mais depuis, la concurrence a largement rattrapé son retard et concentre aussi ses efforts sur la vidéo et pas uniquement sur la photo. A peu de choses près, les derniers boitiers de chez Fuji, Sony, Canon ou Nikon savent faire la même chose ou quasiment, mais avec un capteur plus grand et un meilleur autofocus. J’avais fait une vidéo au titre un peu provocateur où je me demandais si un appareil comme le X-T4 allait enterrer le micro 4/3, et l’idée est toujours vraie, un appareil comme le GH5 a perdu une grande partie de ce qui faisait son avantage concurrentiel. C’est même encore plus vrai avec tout ce qui se fait aujourd’hui en plein format. Et Panasonic fait lui même de la concurrence à ses appareils micro 4/3 avec ses boîtiers plein formats. Pas mal de vidéastes qui appréciaient ce que propose Pana en micro 4/3 sont passés sur un boîtier plein format de Pana. Donc ça semble compliqué sur le long terme pour son line-up micro 4/3. Et c’est sans doute pour ça que Panasonic s’est lancé sur le plein format.

Au niveau de ses appareils plein format, le pari était de transposer tout le savoir faire de Panasonic sur le micro 4/3 vers le plein format. Techniquement c’est réussi, et grâce à l’alliance avec Leica et surtout Sigma le lineup d’objectifs en monture L a été rapidement assez complet, même si on reste dans du très classique et que ça manque d’objectifs d’entrée de gamme. Par contre financièrement tout semble indiquer que les ventes sont vraiment très très faibles. Par rapport à la concurrence, Panasonic a toujours un problème de taille, c’est leur autofocus en vidéo, qui est nettement en dessous des autres. Alors que pourtant la vidéo est un des gros points forts de Pana. Du coup ça réserve les hybrides Panasonic aux vidéastes qui n’ont pas vraiment besoin d’autofocus, mais qui ne vont pas non plus sur les caméras cinéma, ce qui fait un marché potentiel pas si énorme. Pour la suite, espérons que Panasonic réussisse à se sortir de cette impasse.

Nikon

Nikon a toujours les meilleurs appareils photo reflex du marché et continue d’en vendre, mais à mesure que le marché bascule vers les hybrides, la situation se complique pour Nikon. Après une première génération d’hybrides un peu décevante, Nikon a rattrapé son retard niveau boîtiers hybrides avec les versions 2 de ses Z6 et Z7 qui sont à peu près au niveau des concurrents. Mais ils n’ont pas vraiment d’avantage par rapport aux autres, ce sont juste d’excellents boitiers, mais comme les autres, sans point fort particuliers. Par contre le point faible de Nikon c’est au niveau des objectifs, où ils sont en retard sur ses concurrents en plein format. Panasonic s’en sort bien grâce à la L mount Alliance, comme on l’a vu juste avant, Sony est installé depuis des années et a eu le temps de développer un grand parc d’objectifs propres ou via des constructeurs tiers, Canon a été plus rapide et a fait des choix très intéressant au niveau de ses objectifs, dont on parlera juste après… mais Nikon est seul et reste avec un line up d’objectifs en monture Z native encore incomplet. Bien sûr il y a des adaptateurs pour les objectifs de reflex, mais ça s’adresse principalement aux utilisateurs qui possèdent déjà un parc optique Nikon, et la compatibilité n’est pas toujours parfaite, surtout avec les objectifs tiers.

La division photo de Nikon a enregistré 13M€ de pertes sur l’année fiscale à cheval entre 2019 et 2020, et la suivante devrait être encore pire. Nikon va encore réduire ses coûts pour essayer de retrouver la rentabilité. Autrement dit, ils vont virer des gens. Si c’est plutôt niveau R&D, on peut s’inquiéter que Nikon accumule du retard au niveau du développement de ses boîtiers et objectifs. Et au niveau marketing, on ne peut pas dire que le buzz autour des appareils Nikon soit très important, donc réduire les forces de ventes est risqué aussi. Il faut noter que contrairement à Canon ou Sony par exemple qui vendent énormément d’autres choses que des appareils photo, Nikon repose en très grande partie sur sa division photo – environ la moitié de ses revenus. Alors on est encore très loin des titres affolants comme “Nikon va fermer”, “la fin de Nikon”, etc. déjà parce que Nikon au global a encore fait des bénéfices sur l’année fiscale précédente, et parce qu’ensuite on peut espérer que la pandémie finira un jour et il est alors fort possible que Nikon tire son épingle du jeu. Même si ses parts de marché sont en baisse, Nikon reste le 3eme constructeur d’appareil photo et probablement celui qui a la meilleure image de marque avec Canon. Donc une situation difficile, comme tout le monde, mais loin de celle d’Olympus ou même de Panasonic. 

Sony

2020 a clairement été une bonne année pour Sony, avec en particulier la sortie de l’alpha 7S3, l’hybride plein format spécialisé vidéo. Au delà du fait que c’est un super boitier pour la vidéo, il y a beaucoup de choses intéressantes avec la sortie de cet hybride. La première c’est que Sony a corrigé deux des principaux problèmes qui pénalisaient ses boitiers depuis longtemps : les couleurs et l’ergonomie. Les couleurs Sony en sortie direct de boitier, en particulier au niveau des ton de peau, ont toujours eu mauvaise réputation. Ça se corrigeait au post-traitement, mais c’était toujours plus compliqué que chez les autres marques, Canon et Fuji en particulier. Sony a corrigé ce problème avec l’A7S3 et les tons chair en sortie de boîtier sont maintenant bons. L’autre problème de Sony depuis longtemps, ce sont ses menus extrêmement confus et complexes à prendre en main. Avec l’A7S3, Sony a réorganisé tout ça et on arrive à une ergonomie qui sans être non plus excellente devient acceptable, surtout vu le niveau de personnalisation possible d’un appareil Sony. L’A7S3 est aussi très intéressant comme révélateur au niveau de la stratégie de Sony. Globalement Sony protège beaucoup moins sa gamme de caméra cinéma que Canon où on sent qu’ils sont toujours réticents à booster les performances de leur hybrides de peur de faire de l’ombre à leur gamme de caméras qu’ils vendent beaucoup beaucoup plus cher.

Chez Sony on arrive à un point aujourd’hui où les différences entre le top de leur hybride vidéo, le Sony A7S3, et la caméra FX6 deviennent extrêmement faibles. A l’intérieur c’est quasiment la même chose, et finalement ce qui fait la différence c’est l’ergonomie et la connectique : l’A7S3 pour les vidéastes indépendants ou en tout petite équipe, la FX6 pour les tournages plus classiques. Reste un problème de taille avec les hybrides Sony en vidéo, c’est le problème de surchauffe, qui est aussi un des fait marquant de 2020 : c’est compliqué pour les constructeurs de proposer toujours plus de performances vidéo dans des boîtiers hybrides toujours aussi compacts. Les caméras classiques ont encore de beaux jours devant elles.

Il faut aussi noter que Sony est maintenant bien installé en deuxième constructeur d’appareil photo, juste devant Nikon mais très loin derrière Canon. Sony semble par ailleurs être le dernier à croire aux compact haut de gamme avec sa gamme RX et maintenant ZV, qui propose toute la techno de Sony en photo et en vidéo dans des boitiers très compacts à objectif fixe.

Canon

Ca peut paraître un peu étrange de parler du retour de Canon, sachant que Canon est le premier constructeur d’appareils photo depuis bien longtemps, et que ça a encore été largement le cas en 2020. Mais quand je parle du retour de Canon, c’est plus en termes d’innovation, en termes de technologies, en termes d’image auprès des pro. Toutes ces choses qui étaient plutôt du côté de Sony ces dernières années. Et si 2020 a été une bonne anneé pour Sony, enfin bonne par rapport au contexte de merde de 2020 hein, pour moi c’était vraiment l’année de Canon. Canon est revenu sur le devant de la scène d’une part côté boitier, avec le R6 et surtout le R5, et d’autre part niveau objectifs. Le R5 est un boitier pro qui coche à peu près toutes les cases d’un excellent boitier à tout faire, en photo comme en vidéo. Il a eu un bad buzz au lancement à cause de problème de surchauffe en mode 8k, mais à part ça, il a un excellent autofocus en photo comme en vidéo, une grande résolution, une prise en main excellente, des belles couleurs, une bonne rafale, un grand buffer, pleins d’options de format d’images, etc, etc. 

Et deuxième point, sans doute plus important sur le moyen et long terme, Canon a apporté des innovations vraiment uniques au niveau des objectifs de sa gamme RF, comme un zoom à ouverture constante de F/2, un zoom 70-200 30% plus léger que la concurrence, des long téléobjectifs 600 et 800mm certes F/11 mais vraiment compacts et pas cher, et d’une manière générale, un grand choix d’objectif pour tout type de compromis. 

La grosse interrogation qui reste pour Canon, c’est est-ce que Canon va continuer à s’occuper de ses gammes d’appareils photo APSC ? En reflex probablement pas, mais en hybride, on peut se poser la question. Entre la sortie de l’EOS RP et les nombreux objectifs très grand public que Canon a sorti pour sa monture RF, Canon vise aussi clairement les amateurs avec ses appareils plein formats. Et comme à coté de ça c’est très calme au niveau du système EOS-M, 2021 nous dira si Canon continue d’investir dedans où s’il laisse cette gamme mourrir tranquillement.

Fuji

Même si financièrement 2020 a été comme pour tout le monde une année compliquée pour Fuji, en termes de sorties 2020 a été riche pour Fujifilm. 

Fuji a d’abord sorti le X-T4, un boîtier qui vient finalement combler tous les principaux défauts du X-T3 à savoir l’écran articulé, une meilleure autonomie et une stabilisation du capteur. Le X-T4 est donc un boîtier qui n’a quasiment plus de défaut, excellent à la fois en photo et en vidéo, excellent au niveau des couleurs, de l’ergonomie et de l’autofocus, même s’il reste un peu en dessous des meilleurs à ce niveau là.

Fuji a aussi sorti le X-S10, un boitier plus milieu de gamme mais qui n’a quand même pas grand chose à envier au X-T4, à un prix super super agressif et un X100 V qui continue tranquillement les évolutions de la gamme X100. A coté de ça, les boîtiers d’entrée de gamme, comme chez la plupart des constructeurs, ont beaucoup de mal à se vendre, et il est fort probable que Fuji ralentissent encore ses efforts sur ce secteur.

Mais globalement Fuji a sorti d’excellents boîtiers, avec pour moi de loin le meilleur rapport qualité / prix aujourd’hui, au niveau des boitiers mais en tant que système en général. Mais ensuite ? Ben on sent quand même un peu Fuji dans une impasse. Le X-T4, aussi excellent soit-il, n’est quand même qu’une évolution mineure du X-T3, sorti il y a deux ans, et le X-S10, n’est encore qu’une déclinaison, certes très intéressante, du X-T4. Mais en gros c’est un X-T4 avec quelques trucs en moins et une ergonomie différente.

Fuji a vraiment innové en 2020 à un niveau, ils sont sorti un 50mm f/1 avec autofocus, mais pour moi ce genre d’objectif est vraiment un signe d’une impasse pour Fuji. Il est lourd, cher, il a plein de problème pour au final être un équivalent plein format d’un 75mm f/1.5. Alors qu’il existe à côté de ça, des objectifs équivalent en plein format bien meilleurs et que quand on arrive sur ce genre de poids et de taille d’objectif, le poids du boîtier n’a plus vraiment d’importance. Je ne sais pas ce que donne les ventes, mais les rumeurs en tout cas n’indique pour l’instant pas d’autres objectifs dans le genre à venir chez Fuji, et je pense que c’est une bonne chose.

Autre difficulté pour Fuji : les tarifs hyper agressifs des boîtiers plein formats de ses concurrents. Aujourd’hui on peut trouver des boitiers plein formats récents à des prix proches du prix d’un X-T4, et ça fait réfléchir pas mal de monde. Après si on regarde le prix du système en entier, en prenant en compte aussi les objectifs, Fuji reste nettement moins cher et le X-T4 a beaucoup d’avantage par rapport au plein format au même prix, mais ça reste je pense une menace importante.

Mais Fuji poursuit aussi sa stratégie sur le moyen format avec des boîtiers de plus en plus performants et de moins en moins hors de prix et s’il n’y a pas eu de sortie de nouveau boîtier plein format en 2020, il devrait en avoir en 2021. Par contre l’avantage du système GFX par rapport à du plein format reste encore quand même limité par l’ouverture maximale des objectifs, qui n’est que de f/4 pour les zooms et de 2.8 à 4 pour la plupart des focales fixes. Donc au global l’avantage gagné via la taille du capteur est un peu perdu par la faible ouverture des objectifs. 

Est-ce que Fuji va réussir à rattraper la concurrence niveau autofocus et innovations ? C’est tout ce que j’espère puisque si vous me suivez vous savez que c’est une marque que j’apprécie particulièrement et la principale que j’utilise aujourd’hui.

Au niveau des autres marques, je ne parlerai pas de Pentax ou de Leica, parce que je suis pas leur actualité d’assez prêt, donc plutôt que de dire des conneries, je ne vais pas en parler du tout. 

Des boîtiers presque gratuits ?

Au niveau des autres tendances générales, quelque chose qui se dégage quand même dans cette compétition entre constructeurs, et surtout au niveau du plein format, c’est des prix de plus en plus agressifs sur les boîtiers. Que ça soit le Fuji X-S10, le Canon RP ou un niveau au-dessus quand même le R6, le Nikon Z5 II, etc. On a aujourd’hui des boitiers avec des performances incroyables pour un prix vraiment raisonnable. Mais par contre des prix toujours aussi élevés sur les objectifs des constructeurs. C’est pas totalement une nouveauté, ça a toujours été une stratégie au niveau des constructeurs de reflex : faire entrer les utilisateurs dans leur écosystème avec des appareils pas chers pour ensuite les faire monter vers des objectifs et des boîtiers plus chers. Sauf que c’était quand même assez différent : il y avait la gamme de boitier et d’objectifs APSC qui était très loin de la gamme plein format niveau performance et qualité. Là aujourd’hui les prix très serrés sont sur des boitiers du même système que le haut de gamme et dont les fonctionnalités ne sont pas au niveau du haut de gamme de la marque, mais n’en sont quand même pas loin. Alors qu’en penser ? Ben déjà on peut s’en réjouir d’avoir des appareils avec de telles performances à ce niveau de prix, surtout si on prend les appareils de la génération précédente. Ensuite c’est aussi le signe que la concurrence fait rage plus que jamais entre les écosystèmes des différents constructeurs et que clairement tous ne pourront pas survivre sur le long terme, donc ils cherchent à tout prix à prendre des parts de marché pour survivre.

Conclusion / réflexion

En conclusion, je vous livre une petite réflexion personnelle que m’a inspiré ce bilan 2020 : Est-ce qu’on va continuer à voir de l’innovation dans le domaine du matériel photo, ou est-ce que ça va devenir comme le marché de plein d’autres trucs électroniques, genre des lave-vaisselles ou des machines à coudre ? Genre les constructeurs ont quelques modèles à différents niveaux de prix et ils les mettent à jour tous les 4-5 en corrigeant quelques petits trucs, mais globalement c’est toujours les mêmes.

Et au fond, est-ce qu’on en a besoin, de nouvelles innovations ? Qu’est-ce qui pourrait encore être amélioré sur les derniers modèles ? Au début c’était la course aux nombre de pixels, puis depuis quelques années il restait des différences au niveau de l’AF et des performances vidéo, mais là, les derniers hybrides, quelque soit la marque atteignent des niveaux tellement hauts, qu’est-ce qu’on pourrait demander de plus ? Est-ce qu’on pourrait pas dire que c’est bon, on atteint l’appareil photo qui fait tout suffisamment bien et qu’on s’arrête là ? J’y crois pas, mais on se donne rendez-vous dans quelques années pour voir si j’utilise toujours mon X-T3 pour vous parler de tout ça !

Allez, dites-moi dans les commentaires ce que vous pensez de tout ça, et si ça vous a intéressé, je vous mets d’autres vidéos dans le genre ici et là. A très bientôt sur la chaîne !

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